Pneu de quatrième rang : le prix de l’entrée

Pneu de quatrième rang : le prix de l'entrée
On compte de plus en plus de produits de quatrième rang dans le segment des camions poids moyen et, dans une moindre mesure, celui des véhicules de promenade et des camions légers.

Les produits d’entrée de gamme ont-ils un réel avenir?

Il n’y a pas encore si longtemps, les pneus de troisième rang n’étaient ni plus ni moins que des produits d’entrée de gamme, tous segments confondus. Les quinze dernières années ont toutefois vu apparaître des marques comme Aeolus, Sailun, Hercules, pour ne nommer que celles-là. Ces nouveaux joueurs ont rapidement envahi le marché, et ils font désormais une rude concurrence aux grands fabricants.

Se sentant peu menacés au départ par la concurrence des marques de troisième rang, les grands fabricants ont toutefois dû rapidement user de stratégie pour suivre la vague de cette nouvelle catégorie de pneus et profiter eux aussi de la manne.

Voilà que, depuis quelques années, une autre catégorie de produits infiltre le marché et vient à son tour changer la donne. Il s’agit des pneus de quatrième rang.

Entrée difficile

On compte aujourd’hui de plus en plus de produits de quatrième rang dans le segment des camions poids moyen et, dans une moindre mesure, celui des véhicules de promenade et des camions légers. Comme il existe peu de modèles et de dimensions de pneus pour les camions poids moyen, il a été facile pour les produits de quatrième rang de se tailler une place dans ce segment. À l’inverse, l’offre abondante et diversifiée de pneus dans le segment des véhicules de promenade et camions légers constitue une barrière difficile à franchir pour les fabricants de produits de quatrième rang.

Qui plus est, leur modèle d’affaires, par lequel leurs produits sont offerts sans intermédiaires directement au consommateur, pourrait rendre la chose encore plus difficile. Les pneus de quatrième rang sont habituellement vendus à prix très bas et fabriqués à l’étranger, dans des usines où les normes de qualité sont beaucoup plus élastiques que chez leurs concurrents des autres rangs. En soi, il n’y a rien de mal là, cependant il y a lieu de s’interroger sur leurs méthodes de commercialisation. Car c’est là que ça pose problème.

Perturbateurs du marché

Roadlux, Double Road, Agate et Caspin sont parmi les fabricants de quatrième rang vus comme étant des perturbateurs du marché. Leurs méthodes visent ni plus ni moins à perturber les prix et les canaux de distribution.

L’industrie fonctionne depuis des décennies selon le modèle fabricant-grossiste-détaillant-consommateur. Les perturbateurs ont choisi d’éliminer deux maillons de la chaîne de distribution traditionnelle en vendant leurs produits directement aux consommateurs. Considérés comme étant les Amazon et autres Uber de l’industrie, ces perturbateurs sont probablement là pour de bon.

En apparence, leur stratégie semble peu viable et devra immanquablement être modifiée pour assurer leur survie à long terme. Des concurrents avisés auront déjà pris conscience qu’un modèle basé sur la valeur ajoutée et la qualité du service sera toujours gagnant.

Des solutions comme le commerce électronique, les portails en ligne, les technologies de pointe et le développement soutenu continueront de couper l’herbe sous le pied des produits d’entrée de gamme, mais il y aura toujours de la demande pour des produits à bas prix. Je crois que la survie des marques de quatrième rang dépendra en grande partie de leur capacité à se conformer aux pratiques commerciales traditionnelles.

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