Défectuosités à corriger : Est-ce qu’on vous croit ?

Écrit par Denis Pageau, conseiller en développement au sein du réseau des Garages recommandés de CAA-Québec. Denis Pageau est un technicien et formateur émérite. denis.pageau@caaquebec.com (photo : SAAQ)

Les horreurs de la guerre. C’est ce qu’on disait autrefois de ce qui était en très mauvais état. Sauf erreur, l’expression vaut toujours.

Marquez en rouge le 20 novembre sur votre calendrier. C’est la date à laquelle entrera en vigueur le nouveau Guide de vérification mécanique des véhicules routiers, publié par la SAAQ.

Ce guide n’est pas une simple plaquette, mais un ouvrage de 150 pages expliquant de façon très claire ce que doit être un véhicule conforme au Code de la sécurité routière. Si c’est le « holà » lorsque vous recommandez à un client de remplacer les pneus, les garnitures de frein ou les amortisseurs, il sera renversé de savoir ce que contient ce document.

Un guide indispensable
Au total, on y trouve la description de près de 100 défectuosités majeures touchant aux autos, VUS et camionnettes, et plus de 300 défectuosités auxquelles il faut obligatoirement remédier.

Pour le seul volet des pneus, six défectuosités majeures et plus de 20 défectuosités mineures y sont identifiées ; or, toutes en exigent le remplacement. Par conséquent, ne vous gênez pas pour suggérer à ceux qui doutent du sérieux de la règlementation de feuilleter ce guide de la SAAQ, qui est très bien fait et très informatif.

Téléchargez-le
Il est plus que probable qu’un bon nombre de vos clients seront surpris d’apprendre que vos recommandations, appuyées par ce guide, sont loin d’être subjectives. Si vous sentez le besoin de le leur prouver, téléchargez-le et suggérez-leur de leur transmettre intégralement par votre messagerie ou par clé USB, sinon d’en noter l’adresse Web.

Quant à ceux qui sont initiés un tant soit peu aux règlements qui concernent la conformité des véhicules, leur étonnement devrait se limiter au fait d’apprendre qu’un entretien s’impose.

À noter sur la facture
Pour diverses raisons, dont celle d’inspections beaucoup trop espacées, de nombreux automobilistes ignorent l’état dans lequel sont les composants qu’il leur est impossible ou difficile de voir.

S’ils le comprennent, ils doivent aussi être avertis que des bris peuvent survenir et que de l’usure précoce peut se produire, quel que soit le kilométrage ou l’âge de leur auto.

Outre ceux-ci, il y en a qui roulent au volant de véhicules dangereux, et on n’a pas d’autre choix selon la loi que de les en informer, preuves à l’appui, tout en l’indiquant clairement sur les factures.

La juste description
Quelle que soit la cause du bris ou de la défectuosité d’une pièce ou d’un système qui rend le véhicule non conforme, on a le devoir d’en informer le propriétaire avec la plus grande exactitude.

Sous cet aspect, on n’a pas d’autre choix que de faire preuve d’un talent de rédacteur pour décrire la nature de la défaillance du composant, de la pièce ou de la carrosserie. À ce sujet, le guide 2016 de la SAAQ est précieux, puisqu’on y trouve à chaque section une liste codée de composants et d’expressions décrivant chaque anomalie avec précision.

Exemples : Cassé / Fissuré / Affaissé / Nuit au bon fonctionnement / Nuit à la solidité / Déformé / Risque de rupture / Manquant / Décoloré / Mal fixé / Obstrué / Coupé / Modifié / Usé / Non conforme

Question de jugement

Le jugement de valeur est indissociable de ces compétences que doit avoir un technicien, soit le sens aigu des responsabilités et un solide raisonnement. Ce jugement ne doit d’ailleurs pas se limiter aux travaux à effectuer, puisqu’il y a des situations, lorsque la sécurité est en jeu, où il faut savoir trancher en fonction du bon sens. C’est ce qui m’a déjà amené à faire enlever bien des attaches-remorques, et à remplacer des pièces dont l’usure en rendait la réparation impossible ou trop onéreuse.

Technologie ou non
Bref, malgré les avancées technologiques extraordinaires dont les véhicules font un étalage époustouflant, leurs pièces de mécanique et de carrosserie n’ont encore rien de révolutionnaire.

Même si les automobilistes peuvent avoir tendance à croire que ces véhicules sont foncièrement plus sécuritaires, il demeure que leurs éléments de base doivent être régulièrement inspectés et entretenus.

Si quelque chose a changé de ce côté, c’est précisément l’inspection, en ce sens qu’elle est infiniment plus poussée que jadis, et pour cause. Il faut garder l’oeil plus ouvert que jamais.

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Paratagez-le !