Sous le capot : Là où mise à niveau et technologie se croisent

Sous le capot : Là où mise à niveau et technologie se croisent
Frédéric Boisvert est technicien et formateur au CPA Mauricie.

La compression relative est une approche gagnante pour gagner du temps lors d’un diagnostic sur les cylindres.

Les formations techniques visant à acquérir des connaissances sur les nouveaux modèles, les nouvelles technologies ou encore sur les nouveaux symptômes de rendement, sont essentielles à tout bon technicien désirant élargir son champ de compétences.

Mais dans notre métier, on ne se cachera pas pour dire que toute nouveauté ne sera pas nécessairement sans coûts supplémentaires pour l’atelier, principalement en achat d’outils de diagnostic divers.

Souvent, nous sommes pressés par le temps. Autant dans la vitesse du diagnostic que du temps d’exécution nécessaire à une réparation ; le temps c’est de l’argent. Dans ce contexte, il demeure plus simple de déplacer une bobine d’allumage pour vérifier si réellement elle peut prendre feu, au lieu de vérifier son alimentation, sa saturation d’ampérage et son allumage à l’aide d’une bougie d’essai.

Ce qui fait que peu de techniciens parmi vous utilisez l’oscilloscope ou vos connaissances en diagnostic à leurs pleines capacités. Pourtant, plusieurs ateliers possèdent un oscilloscope, mais ne voient pas son utilité dans les situations de tous les jours.

Un cas concret

Voici un exemple d’application dans le cadre d’une problématique de rendement provenant d’un autre atelier.

Sous le capot : Là où mise à niveau et technologie se croisent

Cette approche permet de voir un problème autrement imperceptible à l’oeil nu.

Un camion F-250 avec un réel problème de rendement moteur. Des cylindres ne répondent pas et la dépression du moteur est extrêmement faible. La distribution des chaînes a été refaite, sans aucun changement. Ce qui me pousse à croire à un mauvais calage des soupapes « timing ».

Selon une logique de base, il faut vérifier la compression pour déterminer quels sont les cylindres fautifs. Au lieu de déposer les bougies et procéder à un test conventionnel de compression, j’ai opté pour la compression relative à l’aide de l’oscilloscope en mesurant le voltage de la batterie, ce qui m’évite plusieurs minutes de préparation. J’aurais pu utiliser une pince ampère-métrique « amp probe » pour vérifier les crêtes d’ampérage causées par le démarreur lors des temps de compression.

En utilisant le signal d’activation de mise à la masse de la bobine d’allumage du cylindre numéro 1, on peut facilement identifier le cylindre qui ne demande pas beaucoup de voltage sur la batterie pour faire sa compression. Le résultat m’a permis de cibler le cylindre fautif, et cela sans même perdre de temps sur les bougies et les bobines.

Sous le capot : Là où mise à niveau et technologie se croisent

Cette image montre l’oscillogramme du voltage de la batterie lors du démarrage du moteur. Chaque creux équivaut à un cylindre en temps de compression. Le « trigger » est le signal d’allumage de la bobine numéro 1. Pour un ordre de feu de 1-3-7-2-6-5-4-8.

Suite à cet oscillogramme, je me suis penché sur le cylindre numéro 8 et lors de la remise du couvercle de soupape, j’ai remarqué que le culbuteur était tordu et frottait sur l’arbre à came. La soupape d’échappement était cassée au niveau des « barrures » et le culbuteur était seulement retenu par l’arbre à came.

Voilà qui prouve que la technologie nous fait voir ce qui n’est pas décelable à l’oeil nu.

Si vous désirez parfaire votre approche en diagnostic, il existe des formations offertes par le CPA ou les organismes formateurs de votre région.

Paratagez-le !