Un prolongement naturel : Carrosserie et vitres d’auto

Un atelier de carrosserie comme celui de David Brodeur contient suffisamment d’espace pour accueillir ce nouveau service. (Photo : Guy O'Bomsawin)

Plusieurs carrossiers optent pour diversifier leurs services en offrant la réparation et le remplacement de vitres d’auto.

Est-ce qu’une carrosserie sera un jour un point de chute où le consommateur trouvera tous les services liés à l’entretien et à la réparation de son automobile ? Seul l’avenir le dira. Toutefois il ne fait aucun doute qu’une tendance profonde pousse le carrossier à diversifier ses services.

L’installation ou la réparation de vitres d’auto dans le cadre d’une réclamation après collision, ou simplement à la demande d’un automobiliste de passage, apparaît comme un prolongement naturel des services traditionnels de carrosserie.

« C’est une décision d’affaires qui demande un investissement raisonnable, explique David Proulx, vice-président des ventes chez PH Vitres d’Autos. Cela offre en effet plusieurs avantages pour le carrossier. Il conserve dans son entreprise des services qu’il sous-traitait, et peut en une seconde phase attirer une nouvelle clientèle vers son atelier en publicisant ses services de vitres d’auto. »

Selon lui, le fait d’offrir le service de réparation de vitres d’auto aide à remplir la grille horaire durant les périodes plus tranquilles. De plus, puisque le processus de réparation et surtout celui de remplacement est très technique, c’est un apprentissage stimulant pour les employés qui seront affectés à cette tâche.

« Tous les ateliers CARSTAR font le service de vitres d’auto, explique à son tour Yves Robichaud, directeur régional de cette bannière. Certains sont associés à un fournisseur de services, mais d’autres font le travail de façon autonome. Notre devise a d’ailleurs été changée il y a quelques années pour indiquer CARSTAR Carrosserie et vitres d’auto. Nous favorisons l’ajout de services complémentaires de vitres et même en mécanique automobile dans nos ateliers, là où les conditions sont propices. »

Un prolongement logique
Ce prolongement logique des services peut être très avantageux, selon M. Robichaud. Il permet au gestionnaire de contrôler ses coûts et son calendrier de production. De plus, cela offre à l’entreprise la possibilité d’élargir sa base de clients.

C’est d’ailleurs ce que constate David Brodeur, qui opère son atelier de carrosserie CARSTAR à Magog. « L’ajout du service a été relativement simple. Le métier de carrossier est de plus en plus technique et il m’a été facile de trouver deux techniciens de mon équipe pour les former en réparation et en remplacement de vitres d’auto. Lors d’une collision, il y a souvent un remplacement de pare-brise, et nous avons suffisamment de volume pour justifier d’investir pour offrir le service nous-mêmes. »

Mais il y a environ deux ans, M. Brodeur est allé plus loin en commençant à publiciser ses services de vitres d’auto dans les médias de sa région. « Nous voulions dire aux automobilistes de venir nous voir si leur pare-brise était abîmé, et que nous avions tout le matériel et l’expertise pour les servir. Une fois dans notre atelier, nous étions en bonne position pour leur offrir nos services d’esthétique ou la réparation d’un couvert de pare-choc, par exemple. »

Cette ouverture sur une clientèle élargie a aussi eu l’effet « d’imprimer » le nom de l’entreprise dans la tête des gens. Lors d’une collision, un automobiliste avait plus de chances de se souvenir de l’atelier où son pare-brise a été réparé et de le demander à son assureur.

« La présence d’un mécanicien sur place pour effectuer les travaux de mécanique nécessaires après une collision donne pour résultat que la voiture qui nous est confiée par l’assureur ne sort jamais de nos murs, ajoute M. Brodeur. Cela nous permet en effet de planifier notre production, mais aussi de contrôler nos processus de qualité à toutes les étapes. »

Pour Sonia Bouthillette de la bannière Fix Auto, le service de vitres d’auto à l’intérieur des ateliers de carrosserie permet en effet de contrôler à la fois les coûts et les délais. Elle souligne également que le prolongement vers ce service est très logique, puisque les techniciens sont constamment confrontés à de nouvelles technologies dans leurs travaux de carrosserie et sont naturellement intéressés par de nouveaux apprentissages techniques.

Plusieurs approches
« Plusieurs formules se développent dans notre réseau, souligne pour sa part Sylvain Dufault, directeur général de Carrossier ProColor. Nous offrons la possibilité aux ateliers de se former avec une formule de réparation de vitres. Mais c’est sur une base volontaire. D’autres ateliers sont rendus plus loin : ils offrent la réparation, mais peuvent également effectuer le remplacement. »

M. Dufault estime qu’une voiture sur douze arrive en atelier après une collision avec une fissure réparable antérieure à l’accident sur son pare-brise. Pouvoir ainsi offrir ce service complémentaire, pendant que la voiture se fait réparer représente un plus pour le client et une source de revenus supplémentaires pour l’atelier.

Si l’offre de ce service complémentaire semble être une idée logique et un prolongement naturel des services de carrossier, il ne convient pas nécessairement à tout le monde. Certains ateliers se trouvant hors des zones urbaines, la stratégie d’attirer de nouveaux clients de passage est peu réaliste.

« Ajouter un service de vitres d’auto demande de l’espace, précise M. Dufault. De plus, dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre, il n’est pas toujours évident de songer à développer ce service à l’interne. »

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