Le Sénat dévoile son rapport sur les véhicules automatisés

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Comme on peut le lire dans ce rapport, ces technologies pourraient prévenir jusqu’à 80 % des collisions routières et des décès causés par les accidents de la route. (Photo : Sénat du Canada)

Le Comité sénatorial permanent des transports et des communications publiait cette semaine son rapport sur les véhicules connectés et automatisés.

Intitulé Paver la voie – La technologie et le futur du véhicule automatisé, ce rapport commandé par le ministre fédéral des transports Marc Garneau est  fondé sur 78 témoignages provenants du Canada et des États-Unis et sur divers mémoires déposés par les différents secteurs touchés par ces nouvelles technologies.

Les préoccupations de l’industrie

Jean-François Champagne, président de l’AIA Canada et France Daviault, vice-présidente, s’étaient d’ailleurs déplacé en commission pour témoigner des préoccupations de l’industrie du marché secondaire de l’automobile.

L’AIA Canada s’était réjouie du fait que divers éléments du rapport soient alignés sur cette intervention, notamment en ce qui a trait à l’accès aux données et à la relève.

Comme l’explique le rapport, ces technologies soulèvent de nombreuses préoccupations : « Bien que ses effets sur l’économie canadienne ne soient pas entièrement connus, la révolution des véhicules autonomes pourrait provoquer des pertes d’emplois, dans des secteurs ou des domaines qui emploient plus de 1,1 million de Canadiens », souligne-t-on, en ajoutant que ces pertes pourraient toutefois être contrebalancées par le développement de nouveaux secteurs d’activité.

« Les retombées économiques des véhicules automatisés (VA) pourraient à elles seules s’élever à 65 milliards de dollars par année, si on pense aux collisions évitées, à la productivité accrue, aux économies de carburant et à l’élimination de la congestion », mentionne-t-on.

Les recommandations du comité

Positifs ou négatifs, les impacts prévus de l’arrivée des nouvelles technologies de conduite autonome tels que rapportés dans ce document pourraient logiquement s’étendre, d’une manière ou d’une autre, jusqu’aux ateliers de carrosserie.

Parmi les nombreuses recommandations du rapport, il est notamment préconisé « Que Transports Canada surveille l’incidence des technologies des VA et des véhicules branchés (VB)  sur l’assurance automobile, les infrastructures et les transports en commun au Canada.

Du point de vue de l’accès aux renseignements personnels des automobilistes, le rapport recommande également «  Qu’Innovation, Sciences et Développement économique Canada surveille les répercussions de la technologie des véhicules automatisés et branchés sur la concurrence entre les divers secteurs des industries liées à l’automobile et aux transports, afin de veiller à ce que les secteurs comme le marché secondaire et la location de voitures conservent l’accès aux données dont ils ont besoin pour offrir leurs services.

Également, en phase avec la demande formulée en commission par L’AIA Canada d’investir dans la main-d’œuvre actuelle et future, le rapport recommande « qu’Emploi et Développement social Canada continue de travailler en étroite collaboration avec les provinces et les territoires afin de renforcer le recyclage professionnel, la mise à niveau des compétences et le soutien à l’emploi pour les Canadiens touchés par des perturbations du marché du travail. »

Des changements majeurs sur la route

Concrètement, on prévoit que les technologies de conduite autonome diminueront considérablement le nombre d’accidents de la route. Un élément qui pourrait, par déduction, générer des questionnements dans l’industrie de la carrosserie quant au nombre de voitures en atelier et à la nature des dommages.

« On attribue jusqu’à 94 % des accidents de la route à l’erreur humaine et à de mauvaises décisions », peut-on lire. « Or, à mesure que les technologies des VA et des VB prendront en charge de plus en plus de fonctions assumées par le conducteur, l’importance de la faillibilité humaine diminuera radicalement.

«  (…) bien que des témoins aient fait valoir que les technologies des VA et des VB n’élimineront pas totalement les accidents de la route, on s’attend quand même à ce qu’elles entraînent une réduction considérable du nombre de collisions sur les routes au Canada », mentionne-t-on, en précisant que ces technologies  pourraient prévenir jusqu’à 80 % des collisions routières et des décès causés par les accidents de la route.

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