Le marché du prêt automobile canadien : améliorer les bases

Le marché du prêt automobile canadien : améliorer les bases
Baisse des prêts automobiles à risque au Canada. (Photo : TransUnion, New York Federal Reserve)

Les consommateurs sont de plus en plus attirés par la location.

La fin de l’année approche et les gens n’ont pas perdu l’envie de se déplacer. Au cours de l’été, les ventes mondiales d’automobiles ont continué de grimper. À la fin du mois d’août, elles avaient augmenté d’environ 4,5 % par rapport à l’année dernière, soit environ le double de la croissance observée au cours des trois mois précédents. Cette situation n’est pas observée qu’à l’étranger. De fait, les ventes canadiennes ont continué de surpasser nos attentes.

Les ventes ont augmenté aux quatre coins du monde. L’Amérique du Sud est en tête avec un gain de 14 %. En Chine, les ventes connaissent une croissance plus élevée que l’an dernier. Plus important encore, les stocks d’automobiles en Chine ont chuté à leur plus bas niveau depuis plusieurs années, ce qui signifie que la production de véhicules neufs va augmenter elle aussi. Ceci est important pour poursuivre sur cette lancée.

Au Canada, les ventes d’octobre ont augmenté de 6,3 % par rapport à octobre 2016, un record pour ce mois. Nous avons également enregistré une hausse de 5,6 % comparativement à l’an dernier pour les dix premiers mois de 2017. Les ventes ont été plus élevées que prévu, et nous avons augmenté nos prévisions pour l’année de 30 000 unités supplémentaires. Par conséquent, nous prévoyons la vente de 2,03 millions d’unités.

Course à la première place

Si l’augmentation des ventes continue à ce rythme, les ventes annuelles pourraient atteindre 2,05 millions. Cependant, nous prévoyons un certain ralentissement vers la fin de l’année. Quelques incitatifs ont été bénéfiques aux ventes – lorsqu’un constructeur automobile voit ses ventes augmenter de 40 %, un incitatif monétaire est assurément en cause – et ces programmes sont généralement temporaires par nature.

Néanmoins, une chose pourrait assurer le maintien des programmes incitatifs et des ventes qui en découlent : la course à la première place sur le marché canadien est assez serrée entre deux des constructeurs nord-américains. Évidemment, tous deux veulent avoir la première place.

Nous avons décidé de jeter un oeil sur ce qui se passe du côté des prêts automobiles. À ce chapitre, de récents rapports aux États-Unis font état d’une hausse des taux de défaillance. D’autres rapports observent une montée fulgurante du crédit automobile au Canada, créant potentiellement un problème pour l’industrie des prêts. Finalement, le portrait de la situation s’était avéré exagéré.

Nous avons constaté que les prêts automobiles ont connu une croissance dans les deux chiffres à partir de 2014. Plus récemment, la croissance des prêts automobiles a ralenti, particulièrement au Canada, où le rythme de croissance est aujourd’hui inférieur à celui d’autres formes de crédit. À partir du sommet canadien de 15 % de croissance annuelle des prêts automobiles durant la première moitié de 2015 – soit près du double de l’avance d’autres formes de crédit des ménages à l’époque – le rythme de croissance des prêts automobiles s’est modéré pour atteindre un seul chiffre au Canada et aux États-Unis.

La location en hausse

Ceci est largement justifié par le fait que de nombreux Canadiens ont préféré la location au prêt automobile. La location correspond actuellement à environ le tiers du marché de la vente au détail de véhicules neufs au Canada, ce qui représente une augmentation de 19 % par rapport à il y a quatre ans, et de 7 % par rapport à 2009, durant la crise financière mondiale.

Les prêts de véhicules neufs n’ont progressé que de 4,6 % au deuxième trimestre de 2017 comparativement à l’an dernier, soit 1 % de moins que la croissance globale du crédit des foyers. Cela inverse la forte surperformance observée au début de 2010 jusqu’à la moitié de 2015. Les facteurs fondamentaux du marché des prêts automobiles se sont améliorés, au point que la croissance des prêts automobiles au Canada est maintenant inférieure à la croissance du revenu disponible. La situation diffère aux États-Unis, où les automobiles demeurent l’élément du crédit à la consommation dont la croissance est la plus rapide, et ce malgré une augmentation récente plus modérée des prêts automobiles.

Prêts à risque

Lorsqu’il est question de défaillance de crédit (réelle ou exagérée), les gens pensent immédiatement aux prêts à risque (subprimes). Dans le cas présent, ces derniers n’inspirent pas d’inquiétude. Au Canada comme aux États-Unis, la part des prêts automobiles à risque a diminué. Au Canada, le marché du prêt à risque représente environ 12 % des prêts globaux, soit une part minime du marché global.

Pratiquement tous les défauts de paiement au Canada se trouvent dans ce petit marché des prêts à risque. Les défauts de paiement sont presque inexistants en dehors de la tranche d’emprunteurs ayant une faible cote de crédit, ce qui est toujours une bonne nouvelle pour les concessionnaires.

La hausse du nombre de locations aura pour effet d’augmenter le nombre de véhicules d’occasion sur le marché au cours des prochaines années. Néanmoins, comme les locations ont atteint un bas niveau ces derniers temps, cela ne créera pas un problème comme celui que nous avons connu il y a une décennie. De fait, au plus fort de la vague de locations de 2005, celles-ci représentaient 45 % des transactions automobiles. Un problème majeur se présentait pour les concessionnaires au retour des véhicules loués, ceux-ci étant prêts pour une deuxième vie comme véhicule d’occasion.

La location a presque disparu pendant la crise économique, et bien qu’elle soit en hausse actuellement (et continuera de l’être), il est peu probable que nous rencontrions les mêmes problèmes qu’auparavant. Dans l’ensemble, les ventes records et la forte croissance générale sont synonymes d’une très bonne année.

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