Prêts à vendre des VÉ ?

Prêts à vendre des VÉ ?
De nombreux indicateurs tendent à démontrer que le VÉ va prendre de plus en plus de place au cours des années à venir. (Photo : Toyota)

Chaque jour, 35 véhicules électriques (VÉ) ou partiellement électriques sont vendus au Québec. Fin juillet, on comptait près de 18 000 de ces voitures sur nos routes.

On est encore loin des volumes de la camionnette Ford F-150 ou de la Honda Civic, dont les ventes atteignent respectivement les 25 000 et 20 000 unités par an. Mais le véhicule électrique fait son petit bonhomme de chemin et est appelé à occuper de plus en plus d’espace dans les salles d’exposition au cours des prochaines années.

Quotas

Dans sa volonté de multiplier par six le nombre de VÉ sur nos routes au cours des trois prochaines années, le gouvernement du Québec impose des quotas aux constructeurs qui vendent plus de 5000 unités par année sur son territoire. Dès 2018, les constructeurs devront offrir 3,5 % des véhicules qu’ils mettent sur le marché en version hybride ou électrique. À défaut de quoi, il faudra acheter des crédits, soit auprès des constructeurs qui auront excédé ce quota, soit directement auprès du gouvernement.

De 0,07 % de VÉ vendus cette année, Québec souhaite faire grimper cette proportion à 3 % l’an prochain.

Mesures incitatives

Québec ne compte pas uniquement sur les mesures coercitives pour atteindre ces objectifs. Il offre aussi de nombreux incitatifs aux consommateurs qui achètent des voitures électriques. Des remises fiscales assorties de certains privilèges sont consenties et qui peuvent s’avérer de bons arguments de vente.

On offre jusqu’à 8000 $ pour l’achat ou la location à long terme d’un VÉ, et jusqu’à 1000 $ pour l’installation d’une borne de recharge à la maison. À cela s’ajoutent les privilèges qui viennent avec l’immatriculation de ces véhicules, qui ont droit à une plaque dite verte, qui donne notamment accès à certaines voies réservées aux abords des grandes villes, de même qu’un accès gratuit à plusieurs traversiers et aux autoroutes à péage 25 et 30.

Demande croissante

De fait, les automobilistes sont de plus en plus nombreux à vouloir se procurer un VÉ. Selon un sondage réalisé l’an dernier pour le compte du comparateur d’assurance en ligne Kanetix.ca, près d’un automobiliste québécois sur deux serait prêt à considérer sérieusement l’achat ou la location à long terme d’une voiture électrique lors de son prochain changement de véhicule. Cette proportion est plus élevée chez les jeunes automobilistes, la clientèle de l’avenir, dont l’importance ne cesse d’augmenter dans tous les secteurs d’activité.

Si en achetant un VÉ, les automobilistes ont le sentiment de faire la bonne chose pour l’environnement, ils sont aussi attirés par les économies d’essence et d’entretien de ces voitures, qui se chiffrent à près de 2000 $ par année. À cela s’ajoute une réduction potentielle de 15 à 20 % du prix de l’assurance auto offerte par certains assureurs.

Une offre diversifiée

Québec est loin d’être la seule juridiction à mettre de la pression sur les constructeurs. Il emboîte le pas à une dizaine d’États américains et à de nombreux pays européens qui imposent déjà des quotas de vente de véhicules moins polluants. La France et l’Angleterre annonçaient récemment leur intention d’interdire carrément les voitures qui roulent aux carburants fossiles dans un peu plus de 20 ans, soit d’ici à 2040. De son côté, la Norvège vise un parc automobile entièrement électrique d’ici à 2025.

Cette pression incite une grande majorité de constructeurs à mettre les bouchées doubles pour offrir des véhicules électriques. C’est notamment le cas de Volkswagen, qui promet une version électrique ou hybride de 300 modèles d’ici 2030. Ces voitures s’ajouteront notamment aux modèles électriques de marques Nissan, Tesla, Chevrolet et Kia, qui jouissent déjà d’un certain succès auprès du public.

En examinant les demandes d’assurance pour voitures électriques effectuées sur le site de Kanetix.ca depuis 2016, on constate que la Model S de Tesla est la plus populaire, suivie de la LEAF de Nissan, de la Smart Fortwo electric et du Kia Soul.

Autonomie

L’un des facteurs qui incite à une certaine retenue en ce qui concerne les VÉ demeure leur autonomie, qui est toujours perçue comme étant limitée. Or, ce n’est plus le cas. S’il est vrai que les voitures urbaines disposent d’une autonomie limitée à 100 km, il faut savoir qu’elles remplissent parfaitement leur mandat puisque la plupart des gens ne roulent jamais plus de 60 km par jour.

Pour le reste, on est arrivé à des niveaux forts acceptables. Certains modèles offrent maintenant plus de 300 km d’autonomie avec une seule charge électrique, autonomie qui peut atteindre plus de 450 km dans le cas des modèles haut de gamme de Tesla.

Avec plus de 1650 bornes de recharge réparties sur l’ensemble du Québec et localisables à l’aide d’applications mobiles, les propriétaires de VÉ n’ont pas à craindre pour se déplacer sur les principaux circuits, Nouvelle-Angleterre et Ontario inclus.

On peut facilement faire le plein d’énergie en plusieurs endroits en aussi peu que 20 minutes.

L’avenir

Nombre d’indicateurs tendent à démontrer que les VÉ prendront de plus en plus de place au cours des années à venir. En ayant recours à un mélange semblable de mesures incitatives et coercitives, la Norvège et la France sont déjà bien engagées dans la transition.

Les VÉ représentaient 40 % des modèles vendus en Norvège au mois d’août, et ils composent désormais 16 % du parc automobile norvégien. Dans ce pays, une voiture sur six est électrique. En France, on a déjà franchi le cap des 100 000 VÉ. Avec des chiffres pareils, tout le monde pourrait y trouver son compte, particulièrement les acteurs de l’industrie automobile.

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