Analyse des marchés : Des chiffres qui dépassent les attentes

Analyse des marchés : Des chiffres qui dépassent les attentes
L’Alberta a connu un déclin marqué pendant deux ans, mais sa croissance actuelle le dispute à celles de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, en tête du palmarès canadien. (Photo : Banque Scotia)

Les bonnes nouvelles se multiplient. Cette fois, c’est au sujet des ventes mondiales de véhicules, qui se dirigent vers une huitième année record. On constate aussi que la croissance s’accentue, en simultané avec la plus forte croissance économique des deux dernières années.

Il faut noter que ces augmentations ne touchent pas que quelques pays. Elles sont observables non seulement dans les régions développées, comme au Canada et en Europe de l’Ouest, mais aussi dans des marchés en émergence qui avaient connu des baisses marquées au cours des dernières années. À l’exception de la Chine, les pays émergents ont enregistré une augmentation de 14 % des ventes de véhicules neufs pour le mois de juillet, ce qui représente la plus forte croissance en cinq ans.

En Chine aussi, la croissance a été inespérée, ce qui a contribué à l’augmentation des ventes à l’échelle planétaire. Des prix plus fermes et des stocks mieux gérés dans ce pays nous ont incités à revoir nos prévisions à la hausse pour 2017 et à estimer à 3 % la croissance annuelle. Cela contraste avec le léger recul appréhendé. Les ventes de voitures neuves dans ce pays devraient atteindre les 24 millions d’exemplaires, soit 30 % des ventes mondiales. C’est 25 % de plus qu’il y a trois ans.

Croissance soutenue

Ces chiffres contrastent avec les prédictions alarmistes de certains analystes. Bien que le marché automobile suive des cycles, les déclins de ventes mondiales ont toujours été associés à des récessions, comme cela s’est produit en 2001 et en 2008-2009. En dehors de ces périodes, les ventes de véhicules n’ont cessé de croître sur la planète.

Les ventes ont aussi bondi de 12 % en Amérique du Sud après la fin de la récession au Brésil.

Le Canada est un acteur important de l’économie mondiale. Au second trimestre de 2017, son PNB était beaucoup plus élevé que prévu. La croissance de l’emploi s’est encore affirmée et se situe autour de 2 % annuellement. C’est la meilleure performance en deux ans environ.

La bonne tenue de l’économie canadienne est due en bonne partie au rendement des Prairies. L’Alberta a connu un déclin marqué pendant deux ans, mais sa croissance actuelle se compare à celles de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, en tête du palmarès canadien. Cette région est en fait la seule au Canada où les ventes de véhicules neufs ont augmenté de plus de 10 % cette année.

Particuliers vs parcs

Aux États-Unis, le marché de la location de véhicules a connu un recul temporaire, ce qui a causé une chute de 8 % des ventes dans le secteur des parcs en 2017. Ce phénomène aura pour e et de ramener à la baisse les ventes de véhicules dans ce pays pour la première fois depuis 2009.

Les ventes aux particuliers et le vieillissement du parc automobile en général ont cependant permis de maintenir les rendements dans ce secteur. Cela permettra d’enregistrer plus de 17 millions de véhicules vendus pour une deuxième année de suite, et 2018 s’annonce encore meilleure.

Comme nous l’avons dit plus haut, la perception populaire selon laquelle les défauts de paiement sur des prêts à risque sont en augmentation n’a pas d’e et concret sur la demande pour des véhicules neufs aux États-Unis. En fait, le taux de défaut de paiement des ménages a récemment atteint son point le plus bas en dix ans, alors que les prix des véhicules neufs sont à un sommet. La qualité des dossiers d’emprunt pour automobile s’est améliorée en même temps que le nombre de prêts auto à risque a diminué.

Les yeux sont bien sûr tournés vers le Texas et sur les inondations qui y sévissent. Le Texas est le deuxième plus grand marché automobile des États-Unis. Or, beaucoup de véhicules détruits ou endommagés par les inondations devront être remplacés. Cela fera très probablement grimper les ventes de véhicules chez nos voisins du sud d’ici la fin de l’année et au début de 2018, surtout dans les régions les plus durement touchées.

Difficile de prévoir les chiffres exacts, mais on sait que la région métropolitaine de Houston compte à elle seule pas moins de 5,5 millions de véhicules. Si 10 % de ces véhicules doivent être remplacés, cela représente quelque 500 000 véhicules, et cela pourrait atteindre le million si le nombre de véhicules endommagés est supérieur à cette prévision.

Pour mettre les choses en perspective, disons que le nombre de véhicules dans la région de Houston est presque égal à celui de tous les véhicules enregistrés au Québec. Imaginez qu’il faille en remplacer 10 % ou plus en quelques mois à peine.

La force du Canada dans l’ALENA
L’autre nouvelle en provenance du sud de la frontière concerne l’ALENA, que le président Trump dit vouloir renégocier, voire résilier. Personne ne sait où cela va nous mener, mais une chose est sûre : l’industrie automobile est le secteur industriel le plus intégré en Amérique du Nord. Toute tentative de détruire l‘ALENA aurait un impact désastreux sur l’emploi aux États-Unis.

Nous ne prévoyons rien d’aussi noir, puisque l’industrie automobile reste un pilier de l’économie, et cela confère au Canada une grande force de négociation. L’industrie automobile sera un facteur déterminant dans les résultats des négociations sur l’Accord de 1992.

Dans l’ensemble, bien que nous ayons constaté de bonnes choses depuis un certain temps, au pays comme dans le monde, la réalité actuelle dépasse les attentes, et ça ne semble pas n’être qu’une bulle. Cela ressemble plutôt à une croissance saine et soutenue qui fera bouger bien des trains et des camions chargés de véhicules.

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