Technologies de pointe : À propos des véhicules autonomes

Technologies de pointe véhicules autonomes
Quel sera l’impact des véhicules autonomes sur le marché des véhicules d’occasion ?

Quel sera l’impact des véhicules autonomes sur le marché des véhicules d’occasion?

Lorsque l’équipe du Canadian Black Book est invitée à prendre la parole, la question de l’autonomie revient souvent et on nous demande nos impressions quant à l’impact de ses technologies sur l’industrie. Bien honnêtement, nous nageons encore en pleine incertitude, et les questions sont beaucoup plus nombreuses que les réponses.

La vision globale

Prenons un peu de recul et examinons l’industrie automobile dans son ensemble, ne serait-ce que pour mieux comprendre de quoi il retourne exactement. Imaginons un moment que la technologie ne pèse aucunement dans la balance. Cela peut sembler étrange à dire à première vue, mais vous comprendrez où je veux en venir. Car après tout, la décision d’acheter ou non revient aux consommateurs et aux entreprises, pas à la technologie.

L’impact de l’autonomie des véhicules sur l’industrie automobile se résume à l’incidence qu’auront les technologies sur l’ensemble du cycle de propriété d’un véhicule, c’est-àdire le processus d’achat, la conduite, le freinage, les réparations, la revente, la remise en marché, les accidents et finalement, le recyclage. C’est là le point sensible. À quel point un bouleversement dans l’une ou l’autre de ces phases compromettra-t-il le cycle de vie des voitures ?

Il convient ici d’approfondir quelques éléments du cycle de propriété. Le fait qu’un véhicule est équipé d’un outil technologique aura-t-il une incidence sur la clientèle cible de ce véhicule ? Les gens s’achèterontils moins de voitures qu’auparavant ? Délaisseront-ils l’achat personnel, même en partie, au profit de « crédits de déplacements » offerts par un vendeur ?

Le fait est que dans un avenir prévisible, les Canadiens continueront de se déplacer en voiture et qu’ils auront donc besoin de s’acheter des véhicules. Mais il pourrait y avoir différents types d’acheteurs. Et pourquoi pas un nouveau modèle d’affaires pour les concessionnaires, par lequel ceux-ci resteraient propriétaires de leurs véhicules et en assureraient l’entretien, et ne vendraient au client que l’utilisation sur une base de kilométrage ? Y voyez-vous là une belle occasion ?

Automobiles robots

La durée de vie utile d’un véhicule autonome sera décisive, non seulement en termes d’années, mais également en termes de kilomètres. De nos jours, les véhicules parcourent environ 20 000 km par année, et près de 300 000 km durant leur vie utile, soit environ 15 ans. Par contre, ils se déplacent moins de 5 % du temps.

Si la technologie « autobotique » générait effectivement davantage de kilomètres par jour, nous aurions donc besoin d’acheter moins de voitures. Mais elles s’useraient beaucoup plus rapidement. Le nombre de kilomètres parcourus pourrait être le même, voire supérieur. Lorsque les véhicules seront tous autonomes, il est facile d’imaginer à quel point les kilomètres s’accumuleront plus rapidement. Imaginons : « Auto, c’est l’heure de m’amener à mon Tim Hortons. »

Valeur de revente

Comme le pain quotidien du Canadian Black Book est l’évaluation, nous voulons plus que tout comprendre à quel point la technologie, quelle qu’elle soit, influe sur la valeur future. D’autant plus que nous prévoyons les valeurs résiduelles d’à peu près tous les véhicules vendus au Canada.

Alors que la technologie d’autonomisation en est encore à ses balbutiements, et comme elle évolue très rapidement, nous ne prévoyons aucune influence significative. Prenons par exemple l’achat d’un véhicule dont le groupe d’équipement d’autonomie vaut 6000 $. Il y a fort à parier que, dans cinq ans, ce groupe d’équipement ne vaille plus grand-chose car, à ce moment-là, de nouvelles technologies auront probablement fait leur apparition.

En fait, certaines technologies devraient même nuire à la valeur résiduelle. Reprenons mon exemple de tantôt : si cette belle technologie d’une valeur actuelle de 6000 $ ne vaut presque plus rien à la fin du bail, qui en supportera le coût ? Le bailleur. Le versement mensuel sera supérieur. Par contre, si on parvient à moduler les technologies et à faciliter leurs mises à niveau, peut-être le problème sera-t-il en partie résolu.

Mes propos peuvent sembler durs, mais songez seulement aux véhicules hybrides et électriques. Le marché ne s’est jamais réellement ouvert aux véhicules hybrides en termes de valeur. Les valeurs des véhicules électriques de première génération sont parmi les plus faibles. Les véhicules hybrides font partie du paysage automobile depuis près de 20 ans, pourtant le marché les considère encore avec scepticisme. Car tout est dans la perception : si les consommateurs ne voient aucune valeur dans une technologie, alors il n’y en aura tout simplement pas.

Les pièces manquantes

Je mets moi-même sérieusement en doute les technologies actuelles en tant que telles, la rapidité avec laquelle elles pénétreront le marché et leur efficacité une fois qu’elles seront là. Il manque plusieurs pièces au puzzle, et nous sommes encore loin des voitures qui communiquent entre elles ou avec les feux de circulation, par exemple.

Je ne suis pas technophobe, loin de là, mais mon opinion repose sur plusieurs expériences bien réelles. Je conduis environ 90 véhicules différents chaque année, et bon nombre sont équipés de gadgets technologiques dernier cri. Et il m’est arrivé très souvent de constater certaines défaillances, parfois mineures, parfois majeures.

J’ai récemment conduit un véhicule autonome de niveau II (c’est-à-dire avec direction, freinage et accélération autonomes), un engin passablement « excitant », à vrai dire. Mais il n’aimait pas approcher les carrefours d’autoroute ni demeurer dans sa voie. Et il lui arrivait assez souvent de voir des objets imaginaires. Je n’ai peut-être pas été blessé durant l’aventure, mais j’ai certainement pris deux ans d’un seul coup.

Les prochaines années s’annoncent passionnantes en ce qui a trait aux innovations qui viendront transformer l’industrie automobile. Mais je crois que cette transformation sera plus longue à venir que certains le croient. Qui sait, peut-être les services au volant de Tim Hortons comporteront-ils une voie pour véhicules autonomes et une voie pour les autres ? Souvenez-vous que c’est ici que vous en avez entendu parler pour la première fois.

 

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