Prévisions 2017 : Plus prometteur que prévu

Nous avions d'abord prévu des gains de 1% à l'échelle mondiale, mais la hausse de 3% de janvier a nettement dépassé nos prévisions.

Les ventes de véhicules de luxe font grimper les chiffres canadiens.

La solidité du marché mondial est annonciatrice de bonnes nouvelles et d’un avenir encore meilleur pour l’industrie automobile. Mieux encore, les chiffres pour le Canada demeurent à des niveaux records, surtout en raison du marché des véhicules de luxe.

L’augmentation des ventes de l’année dernière a été notamment attribuable au dynamisme de la Chine. Nous nous attendions à un certain ralentissement cette année en raison de la hausse de la taxe de vente que le pays impose sur les cylindrées de moins de 1,6 litre, ce qui laissait planer une certaine incertitude quant à la possibilité que d’autres pays emboîtent le pas. Les chiffres des premiers mois de l’année nous permettent en effet de constater une accélération notable dans d’autres marchés.

Nous n’avons pas encore modifié nos prévisions, mais si les choses continuent sur cette lancée, nous n’aurons pas d’autre choix. Nous avions d’abord prévu des gains de 1 % à l’échelle mondiale, mais la hausse de 3 % de janvier a nettement dépassé nos prévisions.

Marché des véhicules de luxe en effervescence

Les données recueillies pour février démontrent que le marché nord-américain est toujours aussi vigoureux, les achats canadiens demeurant supérieurs à deux millions d’unités (base annualisée) pour le deuxième mois consécutif, atteignant un sommet inégalé. Cela est dû au bond de 16 % sur un an du volume des véhicules de luxe, toutes catégories confondues. Au Canada, ce marché s’est passablement intensifié au cours des récents mois ; il compte pour près de 60 % de l’augmentation à ce jour de l’ensemble des volumes au pays cette année, soit cinq fois plus que sa part normale.

C’est en Colombie-Britannique que ces ventes sont les plus importantes, avec un bond de près de 25 % ; vient ensuite l’Ontario, avec une hausse de 15 %. Même si nous prévoyons pour ces provinces une diminution des taux de croissance actuels en raison du léger ralentissement de leur activité économique, le marché du véhicule de luxe continuera néanmoins d’être soutenu par une augmentation substantielle de la richesse des ménages.

De façon générale, l’économie canadienne maintiendra son dynamisme. La croissance plutôt modeste de l’année dernière reposait sur les effets persistants du déclin de l’industrie pétrolière et gazière, laquelle semble toutefois connaître un regain. Pour la première fois depuis un bon moment, l’Alberta et la Saskatchewan, notamment, connaissent une remontée d’une année à l’autre.

L’Indice des prix des produits de base de la Banque Scotia montre que ceux produits par le Canada connaissent une hausse de 30 % d’une année à l’autre. Voilà qui est bon signe pour les régions du Canada qui dépendent essentiellement du secteur des ressources, et qui montre clairement une remontée pour ces produits.

Même si l’on doit l’augmentation des ventes aux véhicules de luxe, les concessionnaires de marques grand public ne sont pas en reste, puisque les ménages disposent maintenant d’une plus grande marge de manoeuvre financière pour équiper davantage leur nouveau véhicule.

Déclin des parcs automobiles

Chez nos voisins du sud, les ventes de voitures et de camions légers ont atteint 17,5 millions d’unités (base annualisée) en février. Elles sont demeurées stables par rapport à celles du mois précédent – et au total de l’année 2016 complète – et ce, malgré l’affaiblissement des volumes des parcs automobiles, les constructeurs américains ayant rapporté une chute de 14 % d’une année à l’autre dans ce segment dans les premiers mois de 2017.

Bien que plusieurs analystes se montrent très prudents quant aux perspectives pour les États-Unis, certaines bases favorables de l’industrie incitent les constructeurs automobiles à intensifier leurs échéanciers de production en Amérique du Nord. Le plus récent calendrier indique d’ailleurs une production record de 18,7 millions de véhicules (base annualisée) au second trimestre. C’est donc plus que les 17,3 millions d’unités de janvier, alors que l’industrie réduisait ses excédents de stock de berlines.

Nous estimons que l’augmentation du nombre de véhicules assemblés ajoutera 0,6 point de pourcentage annualisé à la croissance économique du trimestre d’avril à juin. Tandis que la croissance globale aux États-Unis a été de 1,6 % en 2016, nous prévoyons qu’elle grimpera à 2,3 % en 2017.

Moteur des marchés

À l’échelle planétaire, l’Asie est devenue le moteur essentiel du marché automobile des dernières années. Même en soustrayant la Chine de l’équation, les ventes ailleurs dans le continent ont progressé de 4 % en glissement annuel en janvier, soit plus de deux fois la hausse de toute l’année 2016.

Avec une progression de 4 % et des hausses à deux chiffres au Pérou, le marché sud-américain repose lui aussi sur des bases plus solides. Cela est dû en partie aux prix plus élevés des produits de base et à un marché de l’emploi plus soutenu, d’autant plus que les produits de base et la transformation des ressources comptent pour près de 70 % des exportations de l’Amérique du Sud, le double de la moyenne mondiale.

C’est en Europe orientale que le rebond des marchés émergents s’est fait le plus sentir en janvier, notamment grâce à une hausse à deux chiffres des ventes chez plusieurs nouveaux membres de l’Union européenne et à la fin du ralentissement en Russie.

En examinant les indicateurs mondiaux, nous remarquons une tendance à la hausse. La plupart se consolident, ce qui nous indique que l’activité économique est en général plus forte que ce que tous prédisaient. Cela va au-delà du marché automobile, ce qui est nettement positif pour l’ensemble de l’économie canadienne et, par ricochet, pour l’industrie automobile. La reprise s’est grandement intensifiée depuis quelque temps, ce qui laisse présager une autre année record pour les ventes de véhicules à l’échelle mondiale

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