Marchés mondiaux : À toute vapeur !

Carlos Gomes est économiste en chef et spécialiste de l’industrie automobile à la Banque Scotia. (Photo : Scotia)

Bien que certains craignaient un recul, les nouvelles sont bonnes.

En début d’année, nombreux étaient ceux qui craignaient que les ventes de véhicules continuent de chuter à travers le globe, d’autant plus que les marchés émergents ont connu l’an dernier leur première baisse depuis 2001. Ces craintes se sont cependant avérées non fondées malgré le pessimisme de certains. Au contraire, nous avons observé une croissance plus forte que prévu, et en juillet, les ventes avaient augmenté de 5 %.

La Chine représente une large part de cette hausse, surtout depuis que les autorités ont coupé la taxe de vente de moitié en août dernier, passant de 10 % à 5 % pour les véhicules jusqu’à 1,6 litre. Les autorités ont également diminué les taux d’intérêt. Le résultat ? Des hausses de ventes dans les deux chiffres sont prévues pour la Chine jusqu’à la fin de l’année. Ces hausses sont menées par des villes de taille moyenne dont les taux de pénétration des véhicules sont beaucoup plus bas que ceux de métropoles comme Beijing ou Shanghai. Dans les cinq grandes villes où l’augmentation des ventes de véhicules est la plus forte, la moyenne de propriétaires de véhicules est de moins de 75 voitures ou camionnettes par 1000 habitants. Il s’agit de moins du tiers de la pénétration à Beijing, et près de 30 % sous la moyenne nationale. Il y a manifestement place à amélioration dans tout le pays, et c’est ce que nous observons actuellement.

Gains importants
De façon générale, nous observons une demande dans la plupart des marchés émergents et, à l’exception du Brésil et de la Russie, les gains sont dans les deux chiffres. Dans l’Europe de l’Ouest, les ventes ont augmenté de 7 % en juillet par rapport à l’année dernière, ce qui représente la plus grande hausse de ce territoire en 20 ans. Une des raisons expliquant cette croissance est l’amélioration du marché du travail et la réduction du taux de chômage, ce dernier baissant à un rythme inégalé en 10 ans. En particulier, le taux de chômage en Allemagne est à son plus bas depuis 1990, lors de sa réunification.

Le référendum Brexit aura probablement des conséquences sur les ventes au Royaume-Uni, bien que cette région ait connu des ventes records suivies d’une légère diminution avant le vote du 23 juin. Les ventes britanniques comptant pour moins de 20 % du total des ventes de l’Europe de l’Ouest, leur baisse ne risque pas d’affecter la rémission européenne.

Cap sur une année record

Au Canada, les ventes continuent d’aller bon train et sont en voie d’établir de nouveaux records cette année. Les gains sont presque généralisés, à l’exception des provinces pétrolières de l’Alberta, de la Saskatchewan et de Terre-Neuve. Par contre, le déclin commence à ralentir dans ces trois provinces. En effet, l’Alberta a connu une baisse de 12 % au cours des sept premiers mois de 2015, et ce résultat est de 7 % à la même date cette année. Le vent a tourné, les ventes s’améliorent, et nous prévoyons une reprise dans ces régions en 2017.

L’Ontario et la Colombie-Britannique sont les provinces ayant connu les plus forts gains, 9 % et 7 % respectivement, en marge d’un redressement de l’activité économique.

Bien sûr, nous savons tous que lorsque les États-Unis éternuent, le Canada attrape le rhume. La bonne nouvelle est que la plupart des indicateurs suggèrent un système de consommation en bonne santé grâce au marché de l’emploi, à l’abordabilité des véhicules et au respect des paiements prévus. Les Canadiens ont souvent peur de subir les conséquences de ce qui se passe chez leurs voisins du sud, mais actuellement, il n’y a aucune crainte à avoir. La croissance du marché de l’emploi américain grimpe à un rythme d’environ 2 % par année, et le marché financier automobile ne montre aucun signe de faiblesse. Nous prévoyons que les achats américains continueront de grimper d’ici la fin de l’année, ainsi qu’en 2017.

Remplacements à prévoir

Il y a également une demande refoulée pour des véhicules neufs au sud de la frontière. En effet, plus de 50 millions de véhicules parcourant les routes américaines ont été fabriqués avant l’an 2000, ce qui donne une idée du nombre de véhicules qui devront bientôt être remplacés. Les récentes hausses des ventes ont réduit l’inventaire américain de 2 % comparativement à l’an dernier, et la production devrait s’ajuster au cours des prochains mois. Et puisque la majorité de la production automobile canadienne traverse la frontière, il s’agit d’une bonne nouvelle pour nous.

L’an dernier, les ventes nord-américaines ont atteint 20 millions d’unités pour une première fois, et avaient augmenté d’un 3 % additionnel en juillet 2016. Le Mexique domine ces gains avec des volumes en hausse de 18 % à la fin du mois de juillet, grâce à un marché du travail vigoureux et à une accélération de la croissance du crédit. Malgré l’augmentation des taux d’intérêt, le programme de prêt automobile du Mexique a permis d’augmenter les ventes de 15 %.

Dans l’ensemble, les marchés du travail se portent bien, et plusieurs indicateurs de risque montrent des signes d’amélioration comparativement au début de l’année. Ceci annonce une bonne nouvelle : les marchés devraient demeurer en bonne santé en 2017.

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